Pourquoi est-il si difficile de lâcher prise ? Comprendre le besoin de contrôle


Difficile de lâcher prise ? Besoin de contrôle ?
Temps de lecture : environ 9 minutes
Vous savez probablement ce qu’on vous répond lorsque vous êtes préoccupé :
« Il faut lâcher prise. »
Facile à dire.
Mais comment fait-on exactement ?
Comment lâcher prise lorsque vous attendez une réponse importante ?
Lorsque vous ne savez pas ce que l’avenir vous réserve ?
Lorsque vous avez peur de faire le mauvais choix ?
Lorsque quelqu’un vous déçoit ?
Ou lorsque votre cerveau repasse pour la centième fois une situation que vous auriez aimé vivre autrement ?
Vous avez peut-être déjà essayé.
Vous vous êtes dit :
« Allez, j’arrête d’y penser. »
Pendant quelques minutes, ça fonctionne.
Puis la pensée revient.
Alors vous recommencez à analyser.
Et vous vous retrouvez exactement au même endroit.
Si vous avez du mal à lâcher prise, cela ne signifie pas forcément que vous êtes trop perfectionniste, trop anxieux ou incapable de relativiser.
Il existe une autre possibilité :
une partie de vous pense que contrôler permet de rester en sécurité.
Et lorsque le cerveau associe le contrôle à la sécurité, lui demander simplement de « lâcher prise » revient un peu à demander à un système d’alarme de ne plus surveiller la maison.
Il va avoir besoin d’une bonne raison pour se calmer.
Pour découvrir comment je travaille avec l'hypnose, vous pouvez également consulter ma page dédiée à l'accompagnement par l'hypnose.
Lâcher prise, ça veut dire quoi exactement ?
L’expression est devenue tellement courante qu’on ne sait parfois plus ce qu’elle signifie.
Lâcher prise ne veut pas dire :
ne plus rien faire ;
devenir indifférent ;
abandonner ses objectifs ;
accepter tout ce qui arrive ;
ne plus avoir de contrôle sur sa vie.
Lâcher prise peut simplement signifier :
faire la différence entre ce qui dépend de vous et ce qui ne dépend pas de vous.
Vous pouvez contrôler votre manière de répondre.
Vous ne pouvez pas contrôler la réaction de l’autre.
Vous pouvez préparer un entretien.
Vous ne pouvez pas contrôler la décision du recruteur.
Vous pouvez exprimer vos sentiments.
Vous ne pouvez pas obliger quelqu’un à ressentir la même chose.
Cette distinction paraît simple.
Mais émotionnellement, elle peut être extrêmement difficile.
Pourquoi avons-nous autant besoin de contrôler ?
Le contrôle n’est pas forcément un problème.
Au contraire.
Il nous permet d’organiser notre vie, d’anticiper, de prendre des décisions et de nous protéger.
Le problème apparaît lorsque le contrôle devient une stratégie permanente contre l’incertitude.
Certaines personnes ont alors besoin de :
tout prévoir ;
tout comprendre ;
anticiper les réactions des autres ;
vérifier plusieurs fois ;
imaginer tous les scénarios possibles ;
rechercher constamment la bonne décision.
Et derrière tout cela se trouve parfois une croyance très simple :
« Si je prévois suffisamment, je pourrai éviter que quelque chose se passe mal. »
Le cerveau adore cette idée.
Parce qu’elle lui donne l’impression qu’il peut maîtriser l’avenir.
Même si, en réalité, personne ne peut tout contrôler.
Le cerveau préfère parfois une fausse certitude à une vraie incertitude
Imaginez deux portes.
Derrière la première, vous savez exactement ce qui va se passer.
Ce n’est pas forcément agréable, mais c’est prévisible.
Derrière la seconde, tout peut arriver.
Cela peut être merveilleux.
Ou difficile.
Laquelle choisirait votre cerveau ?
Souvent, il préférera la première.
Pourquoi ?
Parce que l’incertitude demande un effort d’adaptation.
Le cerveau doit rester vigilant.
Il doit envisager plusieurs possibilités.
Il ne sait pas encore quelle réponse sera nécessaire.
Pour une personne déjà très anxieuse, l’incertitude peut donc devenir particulièrement inconfortable.
Elle va chercher à la réduire par la réflexion.
Et c’est là que commence parfois la rumination.
Lâcher prise peut donc faire peur
C’est un paradoxe.
Vous voulez vous détendre.
Mais pour vous détendre, il faudrait accepter de ne pas tout maîtriser.
Or, précisément, c’est ce qui vous inquiète.
Vous pourriez alors penser :
« Si j’arrête de réfléchir, je vais perdre le contrôle. »
Ou :
« Si je ne vérifie pas, quelque chose va forcément mal se passer. »
Ou encore :
« Si je ne prévois pas tout, je vais être pris au dépourvu. »
Le problème n’est donc pas nécessairement votre incapacité à lâcher prise.
Le problème peut être la peur de ce qui pourrait arriver si vous le faisiez.
Pourquoi certaines personnes ont-elles davantage besoin de contrôle ?
Il n’existe pas une explication unique.
Notre besoin de contrôle peut être influencé par notre personnalité, notre environnement, nos expériences de vie et les stratégies que nous avons développées pour nous adapter.
Une personne qui a longtemps évolué dans un environnement imprévisible peut apprendre à anticiper énormément.
Une autre ayant été fortement valorisée lorsqu’elle réussissait peut associer l’erreur à quelque chose de très inconfortable.
Une personne qui a vécu une déception importante peut chercher ensuite à éviter toute nouvelle surprise.
Ces fonctionnements peuvent devenir automatiques.
Ils ne sont pas nécessairement conscients.
Quand le contrôle devient-il épuisant ?
Contrôler demande de l’énergie.
Et plus le cerveau cherche à prévoir l’imprévisible, plus il produit de scénarios.
Vous pensez à ce qui pourrait arriver.
Puis à ce qui pourrait arriver si cela arrivait.
Puis à ce que vous feriez dans ce cas.
Puis à ce que l’autre pourrait répondre.
Et soudain, vous êtes mentalement en train de vivre dix situations qui n’existent pas.
Pendant ce temps, votre corps est dans le présent.
Mais votre esprit est déjà demain.
Ou hier.
Ou dans une version alternative de la réalité.
C’est épuisant.
Pourquoi penser davantage ne permet-il pas toujours de se rassurer ?
Parce que la réflexion et la rumination ne sont pas la même chose.
Réfléchir permet généralement d’avancer vers une décision.
Ruminer consiste souvent à revenir sur les mêmes questions sans parvenir à une résolution.
Vous cherchez la certitude absolue.
Mais certaines situations ne permettent tout simplement pas de l’obtenir.
Alors le cerveau recommence.
Encore.
Puis encore.
Jusqu’à ce que la recherche de sécurité devienne elle-même une source d’insécurité.
Lâcher prise ne signifie donc pas arrêter de penser
C’est probablement l’une des choses les plus importantes à comprendre.
Vous n’avez pas besoin de faire disparaître toutes vos pensées pour lâcher prise.
Vous pouvez apprendre à constater :
« Je ne sais pas ce qui va se passer. »
Et malgré cela, continuer à avancer.
Vous pouvez ressentir de l’incertitude sans chercher immédiatement à la supprimer.
Vous pouvez avoir une pensée inquiétante sans considérer qu’elle annonce nécessairement un événement réel.
Autrement dit :
l’objectif n’est pas de supprimer l’incertitude.
C’est de développer une capacité plus grande à la traverser.
Et si votre besoin de contrôle était autrefois une force ?
C’est une question que je trouve particulièrement intéressante.
Une personne très organisée peut être extrêmement efficace.
Une personne qui anticipe peut être très prévoyante.
Une personne attentive aux détails peut être particulièrement fiable.
Le problème n’est pas toujours la qualité elle-même.
C’est son utilisation excessive.
Comme un volume sonore réglé trop fort.
La compétence reste une compétence.
Mais elle devient épuisante lorsqu’elle ne sait plus s’arrêter.
C’est pourquoi je préfère parler de souplesse plutôt que de suppression du contrôle.
Il ne s’agit pas de devenir quelqu’un qui ne prévoit plus rien.
Il s’agit de pouvoir choisir quand prévoir… et quand laisser une place à l’inconnu.
Peut-on apprendre à lâcher prise ?
Oui.
Mais généralement, ce n’est pas une décision que l’on prend une seule fois.
C’est une capacité qui se développe.
On peut commencer par observer les situations dans lesquelles le besoin de contrôle augmente.
Puis se demander :
Qu’est-ce que j’essaie d’éviter ?
Qu’est-ce que je crains qu’il arrive ?
Qu’est-ce qui dépend réellement de moi ?
Qu’est-ce qui ne dépend pas de moi ?
Que se passerait-il si je laissais volontairement une petite part d’incertitude ?
L’objectif n’est pas de se jeter brutalement dans l’inconnu.
Il est de développer progressivement davantage de tolérance à l’incertitude.
Quelle place peut avoir l’hypnose ?
L’hypnose peut constituer un outil d’accompagnement intéressant lorsque certaines réactions sont devenues très automatiques.
Elle permet notamment de travailler sur l’attention, les représentations, les associations émotionnelles et certains automatismes.
Pour certaines personnes, elle peut aider à prendre de la distance avec une pensée ou une situation et à expérimenter mentalement d’autres façons de réagir.
L’objectif n’est pas de supprimer le besoin de contrôle.
Il peut plutôt être de retrouver davantage de choix dans la manière de l’utiliser.
Une personne peut ainsi conserver son sens de l’organisation et sa capacité d’anticipation tout en étant moins envahie par le besoin de tout maîtriser.
Le regard de Frédéric Blanc
Je rencontre régulièrement des personnes qui pensent que leur problème est de « trop contrôler ».
Pourtant, derrière ce contrôle se trouve souvent quelque chose de beaucoup plus humain :
la peur que quelque chose échappe.
Peur de souffrir.
Peur d’être déçu.
Peur de perdre.
Peur de faire le mauvais choix.
Peur de ne pas savoir quoi faire si la situation change.
Dans ce contexte, demander à quelqu’un de « lâcher prise » n’est pas toujours très aidant.
J’aime davantage commencer par comprendre ce que le contrôle cherche à protéger.
Parce que lorsque l’on comprend la fonction d’un mécanisme, on peut commencer à envisager une autre manière de répondre au besoin qui se trouve derrière.
L’objectif n’est pas de perdre le contrôle.
C’est de ne plus avoir besoin de contrôler chaque détail pour se sentir suffisamment en sécurité.
À retenir
Lâcher prise ne signifie pas abandonner ni devenir indifférent.
Le besoin de contrôle peut être une stratégie de protection face à l’incertitude.
Penser davantage ne permet pas toujours de trouver davantage de sécurité.
Le contrôle devient problématique lorsqu’il prend trop de place et épuise.
L’objectif peut être de développer davantage de souplesse plutôt que de supprimer complètement le contrôle.
L’hypnose peut accompagner certaines personnes dans ce travail sur les automatismes et les réactions émotionnelles.
Questions fréquentes
Pourquoi est-ce si difficile de lâcher prise ?
Parce que le contrôle peut procurer une impression de sécurité. Lorsque l’incertitude est vécue comme menaçante, abandonner une partie du contrôle peut devenir inconfortable.
Comment savoir si j’ai un besoin excessif de contrôle ?
Si vous avez régulièrement besoin de prévoir, vérifier, anticiper ou maîtriser les situations pour parvenir à vous sentir rassuré, il peut être intéressant d’observer la place que prend ce fonctionnement dans votre vie.
Est-ce que le besoin de contrôle est lié à l’anxiété ?
Il peut l’être, mais pas systématiquement. L’anxiété, les expériences personnelles et certains traits de personnalité peuvent contribuer à renforcer le besoin de contrôle.
Pourquoi est-ce que je pense toujours au pire ?
Anticiper les scénarios négatifs peut être une tentative du cerveau pour se préparer à une éventuelle difficulté. Mais cette stratégie peut aussi entretenir l’inquiétude.
Comment apprendre à lâcher prise ?
Il peut être utile d’identifier ce qui dépend réellement de vous, d’observer les pensées liées à l’incertitude et de développer progressivement une plus grande tolérance à ce que vous ne pouvez pas contrôler.
L’hypnose peut-elle aider à lâcher prise ?
L’hypnose peut être utilisée comme outil d’accompagnement pour travailler sur certains automatismes, pensées et réactions émotionnelles associés au besoin de contrôle. Elle ne constitue pas une solution universelle et chaque situation doit être considérée individuellement.
En conclusion
Peut-être que vous n’avez jamais réellement eu besoin d’apprendre à « lâcher prise ».
Peut-être avez-vous surtout besoin d’apprendre que vous pouvez être en sécurité sans tout contrôler.
La différence est importante.
Parce que contrôler donne parfois l’impression de tenir fermement le volant de sa vie.
Mais lorsque les deux mains restent crispées sur le volant en permanence, le trajet devient épuisant.
Lâcher prise ne consiste pas à quitter la route.
Cela consiste à desserrer légèrement les mains.
À accepter qu’il existe des virages que vous ne pouvez pas prévoir.
Et à découvrir que, même lorsque vous ne maîtrisez pas tout…
vous êtes parfois beaucoup plus capable de faire face que vous ne le pensiez.
Vous souhaitez échanger sur votre situation ? Je vous accueille à Saint-Girons en Ariège ou à distance pour un premier contact.
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